Outcomes of systemic sclerosis patients treated with rituximab in contemporary practice: a prospective cohort study. Muriel Elhai1, Marouane Boubaya2, Oliver Distler, Vanessa Smith, Marco Matucci-Cerinic, Juan Jose Alegre-Sancho and EUSTAR network. Ann Rheum Dis 2019, in press

1)    Rhumatologie, Hôpital Cochin, Université Paris Descartes, centre de référence maladies systémique auto-immunes rares, Ile de France

2)    Unité de Recherche Clinique, Université  Paris Seine Saint-Denis, Hôpital Avicenne, Bobigny

La sclérodermie systémique est une maladie systémique auto-immune qui a le plus mauvais pronostic de l’ensemble de ce groupe de maladies avec une sur-mortalité importante. Le traitement a progressé ces dernières années avec l’apport de différents vasodilatateurs pour les complications vasculaires et le positionnement de différents immunosuppressseurs dans les formes précoces. Le rituximab, biothérapie anti-CD20, est couramment utilisé dans des maladies proches telles la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus systémique. Le rituximab est ainsi parfois proposé aux patients atteints de sclérodermie systémique mais ce traitement n’a pas l’objet d’essai randomisé dans cette affection.

L’équipe de rhumatologie du Pr Allanore en collaboration avec l’URC Paris XIII a évalué les effets de ce traitement en utilisant la base de données européennes du groupe EUSTAR qui comporte à ce jour plus de 16 000 cas de patients souffrant de sclérodermie systémique. Ce travail va paraître sous peu dans la revue de référence Annals Rheumatic Diseases.  L’interrogation de la base de données a permis d’identifier 254 malades ayant reçu du rituximab et pour lesquels un suivi longitudinal était disponible. Ce traitement avait été donné prioritairement par les médecins en charge pour une atteinte pulmonaire (58%) ou pour une atteinte cutanée (32%). Après un suivi médian de 2 ans, la tolérance était satisfaisante avec aucun événement inattendu chez ces patients et l’absence de tout effet indésirable chez 70% des malades. Des effets indésirables sérieux étaient rapportés chez 36 (14%) patients et ont conduit à l’arrêt du traitement chez 24 (9%) patients. Ils n’étaient pas reliés au produit à l’étude dans la grande majorité des cas. La disponibilité de la base a permis d’utiliser un score de propension pour sélectionner des contrôles n’ayant pas reçu de rituximab mais ayant les mêmes caractéristiques que les malades traités (9575 contrôles). Il s’avère qu’un bénéfice dermatologique a été observé dans le groupe recevant le rituximab (22 vs 14 répondeurs pour 100 patients-années; OR: 2.79 [1.47-5.32]; p=0.002). Par contre, il n’existait pas de différence pour l’atteinte pulmonaire interstitielle (dégradation de 10% de capacité vitale forcée : OR: 1.03 [0.55-1.94], p=0.93). Néanmoins, un co-traitement par mycophénolate mofétyl tendait à améliorer le devenir pulmonaire. Il existait une proportion plus grande de patients pouvant baisser ou arrêter les corticoïdes oraux dans le groupe recevant le rituximab.

Ces données de soins courants à partir de la plus grande de données sur cette maladie rare montrent une tolérance satisfaisante, suggèrent un bénéfice cutané mais pas pulmonaire. Il ouvre des perspectives pour l’utilisation du rituximab dans cette affection rare, sévère, et pour laquelle il n’existe pas de traitement de fond pour l’instant.

 

Lire l’article : http://dx.doi.org/10.1136/annrheumdis-2018-214816

 

 

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