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ARRÊTS CARDIAQUES : Ne pas négliger les signes d’alerte !

 
La mort subite fait allusion à l’arrêt cardiaque d’origine primitivement cardiaque… Quand on pense à la mort subite, on imagine l’arrêt cardiaque survenant d’une seconde à l’autre, sans aucun prodrome. Mieux caractériser ce qui se passe avant l’arrêt cardiaque est par nature particulièrement difficile à effectuer,90-95% des sujets ne survivent pas à l’événement.
 
Le Centre d’Expertise Mort Subite (CEMS) a relevé ce challenge. Il a étudié en quelle mesure des signes d’alerte (par définition transitoires) existaient, mais également si la considération de ces derniers par les patients impactait le pronostic.
 

Eloi MARIJON, Cardiologue à l’hôpital européen Georges Pompidou et Maître de Conférences à l’Université Paris Descartes, vient de publier avec son équipe, les résultats de cette étude dans la prestigieuse revue Annals of Internal Medicine le 5 janvier 2016

 

carte des arrêts cardiaques à Paris © Éloi MARIJON

 

L’équipe

Le Centre d’Expertise Mort Subite (Université Paris Descartes, Inserm, Hôpital Européen Georges Pompidou et Hôpital Cochin) a collaboré avec une prestigieuse équipe nord americaine : le Heart Institute du Cedars-Sinai Medical Center à Los Angeles, Californie.

 

L’étude

Étude observationnelle collectant les arrêts cardiaques, survenant dans la ville de Portland, Oregon. Au total, 1099 arrêts cardiaques de l’adulte, ont été recensés entre 2002 et 2012.
 Pour 839 d’entre eux (soit près de ¾), les chercheurs ont été capables de préciser exactement ce qui s’était passé dans les 4 semaines qui précédaient l’arrêt cardiaque.
 
L’interrogation des survivants, des familles, des témoins, mais également celle des 16 hôpitauxet de l’ensemble des médecins installés « en ville », a permis de décrire précisément de quoi souffraient ces personnes. Combien avaient consulté un médecin, comment les patients s’étaient comportés face à leur symptômes, notamment s’ils avaient appelé le 911 (équivalent du 15 en France)…
 
L’analyse de ces données montre que 50% des sujets qui font un arrêt cardiaque développent des signes d’alerte. La vision traditionnelle de la mort subite est donc bien ébranlée par ces résultats. Encore plus intéressant, parmi les patients ayant présenté des symptômes, seulement une minorité ont appelé le 911 avant l’arrêt cardiaque. Pourtant, l’appel des secours avant la survenue de l’arrêt cardiaque est associé à une survie 6 fois plus importante (plus de 30% de survie). Cette meilleure survie est essentiellement le fruit d’une proportion importante d’arrêt survenant devant les équipes de secours, l’appel ayant alors précédé la survenue de l’arrêt cardiaque.

 

carte des arrêts cardiaques à Paris © Éloi MARIJON

 

photo de Eloi MARIRON
Eloi MARIJON
Université Paris Descartes

« Il est temps d’arrêter de croire que la mort subite, survient comme un tonnerre dans un ciel serein pour reprendre l’expression. Dans au moins la moitié des cas, des symptômes cardiovasculaires sont présents dans les semaines qui précèdent. Lorsque ces derniers ne sont pas négligés par le patient et qu’il appelle les premiers secours à temps, la chance de survivre à l’arrêt cardiaque est 6 fois plus importante.
 
Ces résultats démontrent l’impact et l’importance de développer dans un futur proche une stratégie basée sur le développement d’une prévention subaigue : identifier les sujets à risque d’arrêt cardiaque dans les heures, jours ou semaines qui précèdent l’événement.
 
Les nouvelles technologies et la médecine connectée sont des outils merveilleux pour développer ce nouveau champ d’application. Ce type de prévention de mort subite est bienvenu, actuellement nous offrons une prévention à long terme, basée essentiellement sur la fraction du ventricule gauche, et nous en connasissons tous les performances limitées. »

 

Pour conclure, la mort subite n’est pas si subite. Dans plus de la moitié des cas, des signes d’alertes cardiaques caricaturaux surviennent au préalable. La considération de ces symptômes par les patients leur offre une probabilité de survivre 6 fois plus importante. Ces résultats ouvrent la porte au développement d’un nouveau type de stratégie, celle de la prévention subaigue.

 

Source

Article
  • Titre : Warning Symptoms Are Associated With Survival From Sudden Cardiac Arrest
  • Revue : Anal of Internal Medicine, 5 janvier 2016
  • Auteurs : MARIJON E, UY-EVANADO A, DUMAS F, KARAM N, REINIER K, TEOdORESCU C, NARAYANAN K, GUNSON K, JUI J, JOUVEN X, CHUGH SS. Warning symptoms are associated with survival from sudden cardiac arrest. Ann Int Med 2015
Contacts

E-mail : @ Eloi MARIJON
Tél : 01 56 09 36 92 ou 06 62 83 38 48
Adresse : : Hôpital Européen Georges Pompidou, Département de Cardiologie, Unité de Rythmologie, 20-40 Rue Leblanc, 75908 PARIS CEDEX 15

Site internet : parcc.inserm Paris Centre de Recherche Cardiovasculaire de l’Inserm

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