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2 prix pour un Phd Descartes

 

Quentin VINCENT, doctorant à Paris Descartes a reçu 2 prix pour sa thèse de science :

  • le prix Le Monde de la recherche universitaire 2015
  • le prix solennel 2015 de la Chancellerie des Université de Paris

Les prix

Prix Le Monde

Le prix Le Monde de la recherche universitaire valorise les premiers travaux de jeunes chercheurs francophones. Il encourage les recherches susceptibles d’influencer les environnements scientifique, économique, social et artistique de la société. Il existe depuis 1997.

Outre la qualité académique du travail, il récompense la capacité du chercheur à transmettre au grand public le contenu de sa recherche de façon accessible.

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Prix de la Chancellerie

Le prix solennel de la Chancellerie des Universités de Paris est attribué à une thèse de doctorat de l’année en cours. Il s’adresse aux étudiants franciliens en médecine et sciences, droit et sciences politiques, sciences économiques et gestion, lettres et sciences humaines et pharmacie.

Il récompense l’excellence du travail universitaire du doctorant.

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Le chercheur

Quentin VINCENT

Quentin VINCENT est médecin de Santé Publique et docteur en Génétique Statistique. Il a soutenu sa thèse en 2014 à l’Université Paris-Descartes, intitulée Epidémiologie et génétique humaine de l’ulcère de Buruli.
Il a également publié sur le sujet, un article dans la prestigieuse revue Lancet Global Health, la même année, ainsi qu’une correspondance dans le Lancet Infectious Diseases.

photo de Quentin VINCENT
« J’aime la complexité. Cela m’a attiré vers la santé publique et la génétique statistique, et plus particulièrement vers l’étude de l’étrange interaction entre l’homme et le microbe »

Quentin VINCENT
Post-doctorant à l’institut Imagine, unité 1163

 
La thèse de Quentin VINCENT a été financée par une bourse du programme MD-PhD de l’Institut Imagine.

 

L’équipe

L’étude a été réalisé au laboratoire de Génétique Humaine des Maladies Infectieuses (INSERM U1163 – Université Paris Descartes – Institut Imagine), sous la direction d’Alexandre ALCAÏS, chercheur à Paris Descartes.

L’équipe française a collaboré avec l’équipe CDTUB de Pobè au Bénin, rassemblant plusieurs experts :

  • cliniciens de terrain soignant l’ulcère de Buruli
  • micro-biologistes spécialisés dans le diagnostic moléculaire de la maladie
  • épidémiologistes spécialisés dans l’étude des maladies infectieuses

 

L’étude

L’Ulcère de Buruli


lésions cutanées provoquées
par l’ulcère de Buruli

  • touche majoritairement les enfants
  • provoque de larges et profondes lésions cutanées
  • est à l’origine de graves séquelles fonctionnelles dans 25% des cas.
  • 3è mycobactériose la + fréquente dans le monde, après la tuberculose et la lèpre.

L’ulcère de Buruli reste une maladie de l’ombre car les foyers endémiques sont localisés dans les zones rurales d’Afrique de l’Ouest.


environ 50% des patients ont moins de 12 ans

Dans sa thèse, Quentin VINCENT distingue 2 enjeux :
Préciser l’épidémiologie de ses formes cliniques, à partir de 1200 cas confirmés d’ulcère de Buruli au Bénin
identifier les facteurs de risque génétiques prédisposant au développement de cette maladie infectieuse.

Épidémiologie des formes cliniques

L’analyse a été réalisée à partir de la plus grande cohorte mondiale de cas confirmés d’ulcère de Buruli. Il s’agit de patients traités entre 2005 et 2011 au Centre de Dépistage et de Traitement de l’Ulcère de Buruli de Pobè, en zone rurale endémique au Bénin.

L’étude définit plusieurs formes :

  • forme typique : ulcère cutané isolé des membres inférieurs survenant chez un sujet jeune
  • forme atypique (mais non exceptionnelle) : avec infection osseuse (ostéomyélite) à M. ulcerans, en l’absence de lésion cutanée passée ou présente

    pour lesquelles il est proposés de :
    rechercher systématiquement la bactérie dans les ostéomyélites non spécifiques diagnostiquées en zone d’endémie
    adapter l’antibiothérapie

  • forme grave : Pour la 1ère fois, une définition clinique opérationnelle est appliquée
    en fonction des lésions : – nombre – type – taille – localisation

Schéma de l'étude Figure 1: Clinical presentation of Buruli ulcer (Pobè, Benin, laboratory-confirmed cases, 2005–11)
Note that a patient with Buruli ulcer might have lesions at one or more sites (defining multifocality—eg, right and left arms), but also several forms at a single site (eg, an ulcerated plaque)

© Lancetgh

Ces formes identifiées comme graves au moment du diagnostic prédisent la quasi-totalité des séquelles fonctionnelles observées.
La prise en charge de ces patients doit être particulièrement renforcée. En terme de surveillance clinique, de chirurgie curatrice et réparatrice et de physiothérapie.

Par ailleurs, dans une correspondance du Lancet Infectious Diseases en septembre 2014, les auteurs ont également montré qu’une séropositivité VIH multiplie presque par 3 le risque de développer une forme sévère d’ulcère de Buruli.
pour laquelle il est proposé de : dépister systématiquement le VIH lors du diagnostic initial de la maladie.

 

Facteur génétique

Cette étude épidémiologique soulève 2 questions fondamentales :
- pourquoi toutes les personnes exposées à la bactérie ne développent-elles pas un ulcère de Buruli ?
- Pourquoi, quand elles le développent, est-ce avec une sévérité hautement variable?

« La lutte contre les maladies infectieuses passe par une meilleure connaissance de nous-même » – Quentin VINCENT

 
L’étude des facteurs de susceptibilité génétique au développement de l’ulcère de Buruli a été récompensée par le Monde et la Chancellerie des Universités de Paris. Elle est en cours de finalisation pour différentes revues scientifiques.

Ce travail illustre l’un des aspects fondamentaux de la recherche contemporaine : la multidisciplinarité. Il représente l’aboutissement d’une collaboration intense et prolongée entre plusieurs équipes françaises et béninoises.

Elle a rassemblé l’expertise de cliniciens de terrain, de microbiologistes spécialisés et d’épidémiologistes des maladies infectieuses. Seules ces approches transdisciplinaires semblent pouvoir optimiser la prévention, le diagnostic et la prise en charge de cette maladie de l’extrême pauvreté.

 

Source

Article 1
  • Titre : Clinical epidemiology of laboratory-confirmed Buruli ulcer in Benin: a cohort study
  • Revue : Lancet Global Health – Juillet 2014
  • Auteurs : Quentin B Vincent, MD, Marie-Françoise Ardant, MD, Ambroise Adeye, MD, Aimé Goundote, MD, Jean-Paul Saint-André, MD, Jane Cottin, PhD†, Marie Kempf, PhD, Didier Agossadou, MD, Christian Johnson, MD, Laurent Abel, MD, Laurent Marsollier, PhD, Annick Chauty, MD, Dr Alexandre Alcaïs, MDcorrespondence
Correspondance
  • Titre : HIV infection and Buruli ulcer in Africa
  • Revue : Lancet Infectious diseases – Septembre 2014
  • Auteurs : Quentin B Vincent, Marie-Françoise Ardant, Laurent Marsollier, Annick Chauty, Alexandre Alcaïsemail, on behalf of the Franco-Beninese Buruli Research Group
Contacts

Site internet : page du laboratoire de Génétique Humaine des Maladies Infectieuses / INSERM U1163, à l’Institut Imagine.

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