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Syndrome Wiskott-Aldrich : succès de la thérapie génique

 
Des chercheurs de la Faculté de Médecine Paris Descartes étudient la faisabilité et l’efficacité de la thérapie génique sur le syndrome de Wiskott-Aldrich. Cette maladie d’origine génétique se traite, à ce jour, par une greffe de la moelle osseuse qui demande un donneur compatible. L’objectif de cette étude est de traiter les malades atteints, qui n’ont pas de donneurs compatibles.

image au microscope

 

L’équipe

Marina Cavazzana, Salima Hacein-Bey Abina et Alain Fischer, chercheurs à Paris Descartes, ont réalisé cette étude. Il s’agit d’une collaboration entre :

  • le service d’immunologie-hématologie pédiatrique de l’hôpital Necker Enfants-Malades – Faculté de Médecine Paris Descartes
  • Anne Galy, chercheuse au laboratoire Généthon (laboratoire de l’AFM-Téléthon), département de biothérapie
  • le CIC Biothérapie (AP-HP/Inserm)
  • Adrian Thrasher et Bobby Gaspard, chercheurs à l’University College of London et au Great Ormond Street Hospital

Ils ont publié leurs résultats dans la prestigieuse revue JAMA le 21 avril 2015.

L’étude a débuté en décembre 2010, elle est toujours en cours. L’article rapporte les résultats pour les 7 premiers patients traités, âgés de 8 mois à 16 ans, et pour 6 d’entre eux la durée de suivi permet d’évaluer les premiers effets du traitement.
 

L’étude

La thérapie génique

Schéma explicatif sur la thérapie génique
© AFM-teleton

 

Le syndrome Wiskott-Aldrich

Le syndrome Wiskott-Aldrich est un déficit immunitaire complexe et rare, d’origine génétique lié au chromosome X. Il résulte de mutations du gène codant la protéine WAS (WASp), sa prévalence est estimé à 1/250 000.

Cette pathologie touche essentiellement les garçons et se traduit par des hémorragies, des infections graves à répétition, de l’eczéma sévère et chez certains, des réactions auto-immunes et l’apparition de cancer.

Pour le moment le seul traitement disponible est la greffe de moelle osseuse qui demande un donneur compatible et peut provoquer de graves complications.

 

Le traitement : explication scientifique

Le traitement consiste à prélever des cellules souches sanguines porteuses de l’anomalie génétique, puis à les corriger en introduisant le gène WAS sain grâce à un vecteur lentiviral développé et produit par Généthon.

Schéma de l'étude Reconstitution des plaquettes après thérapie génique
© JAMA

A Change over time in platelet count in each patient. The lower normal value is indicated by a dotted line. Solid lines connecting the triangles indicate continuous platelet transfusions; dashed lines, continuous administration of romiplostim.
B Wiskott-Aldrich syndrome protein (WASp) expression in platelets, as measured by flow cytometry

 
Les patients sont traités par chimiothérapie afin d’éliminer les cellules souches malades ainsi que les cellules auto-immunes.
Les cellules corrigées sont alors réinjectées aux patients, elles vont donner naissances aux diverses lignées cellulaires qui composent le sang.

photo de Prénom NOM

« Après transfert de gène, les patients ont montré une amélioration clinique significative. Elle est liée à la restauration de l’expression de la protéine WASp dans les cellules du système immunitaire et les plaquettes. « 

Marina CAVAZZANA
chercheur à l’hôpital Necker


Ce traitement a permis des améliorations cliniques significatives. Ainsi un des patients a vu disparaître son arthrite. Un autre, qui se déplaçait en fauteuil roulant, a retrouvé une activité physique normale grâce à une amélioration de la vascularisation des membres inférieurs. Les chercheurs remarquent également la disparition d’eczéma sévère et d’infections graves dans tous les cas.

photo de Salima HACEIN-BEY ABINA

« Un niveau de correction élevé des cellules souches hématopoïétiques est requis. L’efficacité du traitement d’un tel déficit donne l’espoir de traiter d’autres maladies génétiques complexes comme celles affectant les globules rouges. »

Salima HACEIN-BEY ABINA
chercheur à l’hôpital Necker



 

Source

Article
  • Titre : Outcome following Gene Therapy in Patients with Severe Wiskott-Aldrich Syndrome
  • Revue : JAMA 21 avril 2015
  • Auteurs : Salima Hacein-Bey Abina, PharmD, PhD; H. Bobby Gaspar, MRCP, PhD; Johanna Blondeau, MS; Laure Caccavelli, PhD; Sabine Charrier, PhD; Karen Buckland, PhD; Capucine Picard, MD, PhD; Emmanuelle Six, PhD; Nourredine Himoudi, PhD; Kimberly Gilmour, PhD; Anne-Marie McNicol, PhD; Havinder Hara, MS; Jinhua Xu-Bayford, DipHE; Christine Rivat, PhD; Fabien Touzot, MD, PhD; Fulvio Mavilio, PhD; Annick Lim, MS; Jean-Marc Treluyer, MD, PhD; Sébastien Héritier, MD; Francois Lefrère, MD; Jeremy Magalon, PharmD; Isabelle Pengue-Koyi, PharmD, PhD; Géraldine Honnet, MD; Stéphane Blanche, MD; Eric A. Sherman, BA; Frances Male, BA; Charles Berry, PhD; Nirav Malani, MS; Frederic D. Bushman, PhD; Alain Fischer, MD, PhD; Adrian J. Thrasher, MB, BS, PhD; Anne Galy, PhD; Marina Cavazzana, MD, PhD
Contacts

AP-HP
@ Olivier Bordy, Anne-Cécile Bard, Clémence Rémy
01 40 27 37 22

Inserm
@ Priscille Rivière
01 44 23 60 97

AFM – Généthon
@ Stéphanie Bardon, Gaëlle Monfort
01 69 47 28 28

Great Ormond Street Hospital NHS Trust and UCL Institute of Child Health
@ Rachel Twinn
+44 20 7239 3029

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