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Changement climatique : les conséquences sur la santé?

Dans le cadre de la COP21, la France prévoit un plan national d’adaptation au changement climatique.
Le ministère de la santé a demandé au Haut Conseil de Santé Publique d’apporter son expertise sur la santé publique.

Jean-François TOUSSAINT, professeur à la faculté et membre du Haut Conseil de Santé Publique, a présenté un rapport de santé publique au gouvernement.

paysage terre craquelée

Ce travail a également été présenté à plusieurs conférences internationales.

L’équipe

Jean-François TOUSSAINT, professeur de la faculté, fait partie du HCSP, Haut Conseil de la Santé Publique.

A la demande de la Direction générale de la santé, le HCSP a créé un groupe chargé d’apporter son expertise sur le sujet : méthodologie d’évaluation des choix et des stratégies d’adaptation.

Président de ce nouveau groupe Adaptation et Prospective, le professeur a présenté le travail de son équipe par un rapport et des interventions dans plusieurs conférences internationales.

Agenda
Date Événement PDF
Mars 2015 Rapport HCSP Impacts sanitaires de la stratégie
d’adaptation au changement climatique
pdf
Rapport
18 – 19 Juin 2015 Conférence internationale :Climate, Health, Inequalities :
solutions ?
pdf
Programme
24 – 25 Nov 2015 Conférence grand public SFSE :
Changement climatique et santé : quels risques? quels remèdes?
pdf
Programme
Le HCSP

Le Haut Conseil de la santé publique est une instance d’expertise qui réalise des rapports sur la santé publique en France, et propose des recommandations aux pouvoirs publics (ministres, parlement, politiques etc.).

+d’infos sur le site officiel du HCSP

Climat et Santé

Climat et Santé, expliqué par l’INSERM, nov 2015


Le rapport

 

Constat


 

Augmentation de la température et phénomènes extrêmes

Le changement climatique a d’abord un impact direct sur la santé au travers de 2 phénomènes :

  • l’augmentation de la température moyenne : au delà d’une température optimale comprise entre 20 et 25°C, la morbi-mortalité des populations augmente
  • Fréquence accrue des phénomènes climatiques extrêmes, en particulier les canicules ; ils augmentent la morbi-mortalité des populations vulnérables, comme les personnes âgées
Qualité de l’eau et production alimentaire

Le changement climatique a aussi des effets indirects au travers de différents phénomènes, notamment les modifications de la végétation, de la biodiversité et de la production agricole :

  • la production agricole risque de varier en quantité : lors des canicules de 2010 en Russie et de 2012 aux États-Unis, elle a chuté considérablement, posant de sérieux problèmes d’approvisionnement et des impacts économiques (sur les cours mondiaux notamment) ;
  • le nombre de régions affectées par la sécheresse risque d’augmenter ;
  • les changements environnementaux peuvent être brutaux ; ainsi, l’augmentation de la température s’accompagne d’une augmentation du risque d’incendie, déjà perceptible : autrefois localisés sur le pourtour méditerranéen, le risque d’incendie s’étend vers le nord (Aquitaine, Poitou-Charentes, Centre).
Interactions complexes
photo de Jean-François TOUSSAINT

« Il faut faire attention à ne pas réduire les conséquences du changement climatique à des relations simples et proportionnelles de cause à effet.

Jean-François TOUSSAINT
Professeur de la faculté,
membre du Haut Conseil en Santé Publique


En effet, ces conséquences sont d’abord le produit d’interactions complexes, dites non linéaires. Quelques exemples peuvent l’illustrer :

  • La tempête Xynthia qui a frappé l’Europe en 2010 n’avait rien d’exceptionnel, mais sa conjonction avec des coefficients de marées élevés a entraîné des inondations catastrophiques sur certains littoraux. Ses conséquences ont été aggravées par un facteur très sous-estimé, mais fondamental : le changement démographique. La population augmente et se localise de plus en plus sur les littoraux, soumis au risque d’inondation/submersion. Il est important d’envisager dès à présent certaines relocalisations de structures immobilières.
  • la concentration de la population dans les grands centres urbains pourrait poser d’importantes difficultés d’approvisionnement en cas de diminution des productions agricoles, par exemple, à la suite d’une sécheresse. L’accroissement des contraintes économiques peut encore les aggraver, avec un risque supplémentaire d’augmentation des inégalités de santé. L’ensemble de ces conséquences est accru pour les personnes vulnérables, comme les personnes âgées, au sein d’une population française vieillissante
Résurgence des maladies infectieuses

L’intensification des échanges internationaux, par tous types de transport, est un facteur majeur de la propagation du risque infectieux : maladies nouvelles et retour de maladies anciennes, comme la tuberculose. Le moustique aedes albopictus, vecteur de la dengue, est actuellement présent dans le sud-est de la France.

Le risque infectieux est par ailleurs aggravé par l’augmentation des résistances aux antibiotiques et par les difficultés économiques de nombreux pays. Il touche principalement les populations précaires, qui ont un approvisionnement plus difficile ou plus rare en eau potable et aliments de bonne qualité.

 

Que faire?


 

Écarter certaines utopies

Que faire ? Sans doute écarter certaines utopies sympathiques, mais irréalistes, comme la construction de tours urbaines dédié à l’agriculture ou les villes “vivrières” »

  • Les tours urbaines dédiées à l’agriculture sont impossible à ensoleiller. Les étages inférieurs s’étendant sur plusieurs hectares, on ne peut fournir les éléments nécessaires à la croissance végétale comme le transport de l’eau et les nutriments hors sol, sans énergie
  • Les villes “vivrières” n’auraient pas de jardins urbains suffisamment vaste pour alimenter l’ensemble de la population citadine. En effet le principe de concentration urbaine a prévalu à la construction de la cité. Il délègue aux périphéries la responsabilité des sites de production alimentaire, consommateurs d’espace : environ 0,2 à 1 hectare de terre agricole per capita. Il accroit également la densité neuronale et décisionnaire au cœur des métropoles.
Intégrer la complexité et le long terme aux réflexions politiques

La réflexion doit intégrer 2 paramètres : le long terme et la complexité.

La recherche doit se focaliser sur la compréhension des phénomènes interactifs comme les théories des structures dissipatives, des systèmes ouverts hors équilibre, d’auto-organisation, etc. Ce travail a commencé avec des succès certains. Ainsi, le mode de propagation de l’épidémie de grippe A/H1N1 avait été anticipé par un modèle théorique en réseau, plusieurs années avant son déclenchement, même si la prédiction du lieu d’émergence (le Mexique, et non l’Asie du Sud-Est) reste encore difficile.

photo de Jean-François TOUSSAINT

« Il est nécessaire de créer une structure interministérielle dédiée, afin d’intégrer l’idée de gouvernance du très long terme. La société civile peut constituer un puissant levier pour l’implication des responsables politiques.

Jean-François TOUSSAINT
Professeur de la faculté,
membre du Haut Conseil en Santé Publique


Réduire des émissions de gaz carbonique

Enfin, et surtout, les émissions de gaz carbonique doivent être drastiquement réduites : ce sont les principales responsables de l’augmentation des températures. Il faudra donc inéluctablement renoncer à une part de notre consommation d’énergies fossiles (charbon, pétrole) en augmentant par exemple la part active de nos principaux déplacements de courte portée (marche, vélo) dont on connait par ailleurs les effets bénéfiques sur la santé.

 

Pour conclure, l’enjeu est clair : si la température augmente de 4 à 6°C à la fin du siècle, il est possible que l’enchainement des événements ne soit plus contrôlable.
 

Source

Rapport
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Rapport du HCSP
  • Titre : Impacts sanitaires de la stratégie d’adaptation au changement climatique
  • Publication : Rapport HCSP, mars 2015
  • Auteurs : Groupe Adaptation et prospective du Haut Conseil de la santé publique
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