]> Traitement de la neurotoxicité induite par la chimio

La faculté

Faculté de médecine Paris Descartes > Traitement de la neurotoxicité induite par la chimio >

Traitement de la neurotoxicité induite par la chimio

Certaines molécules de chimiothérapie présentent une neurotoxicité. L’oxaliplatine est un sel de platine qui a prouvé son efficacité dans de nombreux cancers notamment digestifs. La neurotoxicité induite par l’oxaliplatine est très invalidante, souvent limitante et nécessite généralement l’arrêt précoce de l’oxaliplatine malgré son efficacité anti-tumorale. La neuropathie induite par l’oxaliplatine est secondaire à une atteinte nerveuse périphérique de mécanisme peu connu.

bandeau glande surrénaleNeurones de souris dissociés à partir des ganglions spinaux dorsaux (ganglions regroupant les neurones) avec en vert le récepteur canal TRPV4 et en bleu les noyaux de ces neurones.
© Inserm/Cenac, Nicolas

L’équipe

Cette étude a été réalisée en 2 phases permettant au Docteur Romain Coriat de faire le lien entre démonstration chez l’animal et démonstration chez l’homme :

  • la première est le fruit d’une collaboration entre l’équipe du Professeur Batteux (INSERM U1016) et une équipe CNRS (Laboratoire de Neurobiologie et Développement — UPR3294).
  • La seconde a été réalisée avec les professeurs Chaussade (service de gastroentérologie et d’oncologie digestive, CHU Cochin) et Goldwasser (service d’oncologie médicale, CHU Cochin).

photo de Romain Coriat

 
 
Le Docteur Romain Coriat travaille dans l’équipe INSERM du Professeur Batteux, (U1016) à l’Institut Cochin, Université Paris Descartes, sur les stress oxydant, inflammation et prolifération, et dans le service d’hépato-gastro-entérologie du Professeur Chaussade.

Romain Coriat
chercheur et hépato-gastro-entérologue

 

L’étude

Phase 1

Romain Coriat, en collaboration avec l’équipe du CNRS, a montré dans un modèle murin que la neuropathie induite par l’oxaliplatine était liée à l’induction, au niveau des neurones, d’un stress oxydatif qui conduit à une neuropathie axonale et démyélinisante caractérisée par des anomalies de l’excitabilité neuromusculaire touchant à la fois les canaux sodiques et potassiques. La prévention du stress oxydant par un mimétique chimique de la superoxyde dismutase, le mangafodipir, prévient la neuropathie induite par l’oxaliplatine.

Phase 2

En collaboration avec les professeurs Chaussade et Goldwasser la deuxième étude a été réalisée chez l’homme afin d’évaluer le potentiel thérapeutique du mangafodipir dans les neuropathies induites par l’oxaliplatine.

Tous les patients étudiés (n=22) présentaient à l’inclusion une neuropathie induite par l’oxaliplatine nécessitant l’arrêt du traitement. Le traitement à base d’oxaliplatine a été poursuivi et a été associé à un traitement par Mangafodipir. Ce traitement a prévenu dans 63% des cas l’aggravation de la neuropathie malgré la poursuite du traitement neurotoxique. Certains patients (27%) ont pu recevoir l’ensemble des 8 cures d’oxaliplatine prévu dans le cadre du protocole tout en constatant une amélioration de leur neuropathie.

Conclusion

Ce travail publié récemment dans le Journal of Clinical Investigation a permis de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques de la neurotoxicité de l’oxaliplatine et a identifié le mangafodipir comme une molécule capable de traiter la neuropathie induite par l’oxaliplatine chez l’homme. Ce traitement doit maintenant être validé à plus grande échelle et pourrait être également efficace pour traiter d’autres neuropathies.

Source

Ces travaux ont fait l’objet d’une publication le 2 janvier 2014 dans le Journal of Clinical Investigation.

Infos sur l’article :

  • titre : Treatment of oxaliplatin-induced peripheral neuropathy by intravenous mangafodipir
  • Revue : The Journal of Clinical Investigation – 2014
  • auteurs : Coriat R, Alexandre J, Nicco C, Quinquis L, Benoit E, Chéreau C, Lemaréchal H, Mir O, Borderie D, Tréluyer JM, Weill B, Coste J, Goldwasser F, Batteux F.
Fenetre vidéo Fermer